Hôtel de la Reine Margot



"Mémoire et modernité d'un hôtel particulier" - APPARTEMENTS D'ARCHITECTES A PARIS, 21 décembre 2009.

L'agence VIDALENC ARCHITECTES s'est vue confier en 2006 la restructuration complète d'un appartement situé dans un ensemble architectural d'une histoire exceptionnelle déroulée en bordure d'une voie qui prit le nom rue de Seine dès 1521 et reçut son alignement définitif vers 1530.

Le côté occidental de la rue de Seine fut occupé dès le XVIe siècle, notamment par la construction vers 1607 par la reine Margot d'un vaste hôtel particulier en bordure de la rue, dans lequel elle mourut en mars 1615.

Après démembrement du domaine, un nouvel hôtel particulier sera construit en 1623 sur ce même site, par préservation partielle de l'hôtel de la reine Margot.

Bien qu'ayant changé d'occupant au long des XVIIe et XVIIIe siècles, l'actuel bâtiment est un important vestige de celui édifié en 1623 : les façades principales sur cour d'honneur et jardin, malgré les modifications et surélévation effectuées vers 1839, présentent toujours une ordonnance caractéristique des constructions de la première moitié du 17ème siècle.

L'immeuble, racheté par la Ville de Paris en 1913, dont les façades furent inscrites sur l'inventaire des monuments historiques en 1926, est divisé en lots vendus séparément, à partir de l'année 1997.

L'agence VIDALENC ARCHITECTES s'attache d'abord à dissocier les strates, l'aménagement intérieur ayant subi d'importantes interventions au cours du XXe siècle : fractionnements de volumes, créations de couloirs, de mezzanines et d'entresols... le projet prévoit d'emblée de supprimer toutes ces adjonctions pour réordonner l'ensemble en s'appuyant sur son organisation historique.

Ce projet est issu d'une démarche évitant le mensonge et toute intervention factice qui choquerait inévitablement la vérité du lieu : les volumes des pièces historiques sont ainsi révélés et totalement réhabilités.

Cette démarche permet, par la juxtaposition de ces espaces, une vision et une compréhension de l'histoire, au lieu de la dissimuler ou de l'instrumentaliser de façon superficielle; cette juxtaposition est marquée par le passage menant aux pièces de réception, utilisé comme un emboîtement marqué des volumes anciens et modernes.

L'enjeu réside enfin dans l'intégration du traitement d'air, du chauffage par le sol généralisé et des équipements d'informatique, de son et de vidéo, l'ensemble étant lié par une installation de domotique nécessitant 6 kilomètres de câblage : la simplicité des volumes, leur maîtrise, ne laissent rien paraître de cette complexité technique.

L'unité du nouvel appartement est obtenue par une qualité rare des détails et finitions, souhaitée par un maître d'ouvrage particulièrement exigeant, les travaux exécutés soutenant ainsi la comparaison avec la richesse historique des lieux.